Image de fond Image de fond

La laiterie municipale

Au cours de la Première Guerre mondiale, en mai 1915, la municipalité de Paul Bellamy reprend en main la Goutte de Lait pour lui redonner un caractère véritablement municipal. Ce n’est plus le Bureau de bienfaisance qui gère l’œuvre, mais désormais une Commission administrative nommée par le maire.

La Ville décide alors d’assurer elle-même, par un service en régie sous le contrôle du directeur du Bureau d’hygiène, la pasteurisation et la stérilisation du lait destiné aux œuvres de protection de l’enfance. Pour ce faire, elle achète la laiterie industrielle de M. Brochard, située 12 rue Mercoeur. Cet établissement fournissait déjà la Goutte de Lait. Parallèlement le maire signe un contrat avec M. Mauras, président du Syndicat des producteurs de lait de Basse-Goulaine, pour la fourniture d’environ 50 000 litres de lait par an. Cette production municipale est vendue à des particuliers ou à des œuvres, mais elle est donnée aux œuvres charitables dont fait partie la Goutte de Lait.

Cette laiterie municipale est vue d'un bon oeil par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France : "La tentative de la Municipalité nantaise est d'un magnifique exemple qu'il convient d'encourager dans la plus large mesure". Forte de ces louanges, la Ville obtient de l'État une subvention pour agrandir la laiterie (exposé sur la laiterie municipale pour une demande de subvention de l'État en 1922).

Grâce à la laiterie municipale, la Goutte de Lait peut continuer de fournir gratuitement du lait stérilisé aux mères indigentes. Il lui est également possible d’en vendre une partie à bas prix au reste de sa clientèle. Ainsi, « les personnes non absolument nécessiteuses mais ne disposent que de ressources limitées pourront recevoir, lors de chaque achat de lait, une quantité gratuite dont l’importance sera déterminée par l’administration d’après la situation du bénéficiaire » (délibération du 15 décembre 1916 et suites du legs de Mme Hue).

Devenue de moins en moins rentable, la laiterie municipale est fermée en mars 1933. La fourniture et le traitement du lait sont désormais confiés à des sociétés privées, et ce jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Au lendemain de la Libération, l’approvisionnement en lait de la ville s’effectue dans des conditions déplorables résultant des ramassages trop lents par suite de l’insuffisance des moyens de transport, des procédés de traitement et de conservation défectueux et de la pénurie des produits désinfectants. Ce lait de mauvaise qualité est à l’origine d’une épidémie de gastro-entérite qui décime les nourrissons au cours de l’été 1945. La mortalité infantile atteint 24,2 % des naissances et la Municipalité essaie de remédier rapidement à cette situation préoccupante.