Coup de cœur – Le train sur route de la société Gaumont-Metro-Goldwyn
C’est un étonnant véhicule qui attise la curiosité des Nantais le lundi 27 novembre 1926. À 11 h 30, le « train sur route » de la société de cinéma Gaumont-Metro-Goldwyn fait son entrée en ville par la route de Vannes. 15 minutes plus tard, il stationne devant l’hôtel de ville et l’équipage du wagon Pullman est accueilli par le maire Paul Bellamy. Le voilà bien loin de la gare d’Orléans… En effet, nul besoin de chemin de fer pour faire rouler ce train… puisqu’il a des roues !
Ce curieux train est alors en pleine tournée à travers l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Il s’arrête à Nantes, après être déjà passé dans différentes villes françaises dont Mulhouse, Amiens, Orléans, Le Mans ou Rennes. Commencé en mars 1925, ce tour du monde vise à mettre en avant la collaboration franco-étatsunienne entre deux sociétés cinématographiques : celle créée en 1925 par Léon Gaumont et la Metro Goldwyn Mayer, les deux entreprises venant de signer un accord de distribution.
Si Paul Bellamy, grippé, ne rentre pas dans le train, ses collaborateurs prennent le temps de le visiter. Ils y découvrent un wagon chauffé et éclairé à l’électricité, une cuisine électrique, une radio ainsi que des sièges pouvant se transformer en lits pour 5 personnes. Concernant le confort nécessaire à la toilette, on y a installé l’eau courante, chaude ou froide.
Après ce premier arrêt à la mairie, le « train sur route » repart et se dirige désormais vers la basilique Saint-Nicolas et la place Royale avant de stationner place Graslin. À l’Hôtel de France, M. Cognacq, sous-directeur du cinéma Katorza, accueille les nouveaux arrivants : Mme Carrier et son époux Eddie, directeur du train, Parson ingénieur, Ruch mécanicien, Edelsten délégué de la Gaumont Metro Goldwyn, Wick de la société Lincoln Mac Lelland et Aroult, inspecteur de la Compagnie Industrielle des Pétroles. Ensuite c’est vers le cinéma Lamoricière que les « touristes américains » se dirigent, où ils sont reçus par le directeur « avec son affabilité coutumière » (Le Populaire du 28/12/1926).
Durant l’après-midi, le véhicule circule dans les rues nantaises en passant par les rues d’Alger, Gresset ou bien encore par le boulevard Sébastopol (actuel boulevard Stalingrad) et la rue de Coulmiers. À 15 h 30, il arrive au garage Peugeot du quai de l’île Gloriette, où la direction de la succursale Peugeot laisse l’entrée libre à tous les visiteurs.
Après leur séjour à Nantes, les Américains de la « GMG » repartent pour continuer leur tour de France en direction de Poitiers, Bordeaux, Grenoble et Marseille.
Kevin, agent d’accueil en salle de lecture